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sexta-feira, 13 de outubro de 2017

MEMORANDUM

POUR LE DROIT A L’AUTODÉTERMINATION DE LA KABYLIE

Déposé à l’ONU le 28 septembre 2017
Algérie versus Kabylie II : Les années 80

LES ANNÉES 80 : A L’ASSAUT DE LA DICTATURE ALGÉRIENNE

                           

-06/03/1980 : Troubles à la Cité Universitaires des filles de Ben Aknoun (Alger) où, dans le cadre de la célébration de la journée de la femme, une soirée culturelle kabyle est agressée par des étudiantes antikabyles.
-08/03/1980 : toujours dans le cadre de la journée de la femme et dans la même cité des filles, les étudiantes kabyles perturbent à leur tour la célébration des festivités officielles.
-10/03/1980 : Une conférence sur les « poèmes kabyles anciens » de l’écrivain Mouloud Mammeri est interdite. Cela va déclencher des troubles en Kabylie qu’on appelle depuis le « printemps berbère » d’avril 1980. Ce fut l’un des événements les plus marquants du bras de fer entre la Kabylie et l’Algérie avant 2001.
-11/03/1980 : Première marche depuis 1963 à Tizi-ouzou de protestation contre l’interdiction de cette conférence.
Cela ne va pas s’arrêter.
La Kabylie bouillonne. Une coordination est établie entre les étudiants kabyles d’Alger et ceux de Tizi-ouzou. L’Université d’Alger est le théâtre de rassemblements de protestation quotidiens.
-19/03/1980 : un brûlot provocateur du rédacteur en chef du seul quotidien francophone du régime, « El-Moudjahid », met le feu aux poudres. Il accuse Mammeri de collaboration avec l’ennemi pendant la guerre d’Algérie. Indignation unanime de la Kabylie qui se sent indignée et offensée.
-27/03/1980 : 1ère arrestation d’un étudiant, Arezki About.
-28/03/1980 : 1ère tentative de marche improvisée à Alger, violemment dispersée par la police.
-07/04/1980 : Double tentative de marches à Paris et Alger, à l’appel du FFS. A Alger, Ferhat Mehenni et Said Sadi sont au premier rang de la manifestation. Intervention musclée de la répression. Une centaine d’arrestations parmi les manifestants.
Pour la première fois de l’histoire de l’Algérie indépendante, le Journal Télévisé fait état d’une « tentative de marche » et accuse « la main de l’étranger ».
-A partir du 08/04/1980, la Kabylie est lynchée dans les médias algériens. Le quotidien « El-Moudjahid » et son clone arabophone « Ech-chaab » ne publient pour l’essentiel que les messages de soutien au régime et de condamnation de la marche des « contre-révolutionnaires », « valets » ou « suppôts » de l’impérialisme et du néocolonialisme. Les moindres sections du FLN, parti unique, et de ses « organisations de masses » les plus insignifiantes voient leurs communiqués repris par les médias du régime.
-10/04/1980 : L’Université de Tizi-Ouzou se met en grève illimitée.
-12/04/1980 : troubles à El-Kseur et Sidi Aich (Vallée de la Soummam) à la suite de l’interdiction d’un concert de Ferhat Imazighen Imoula. Le Monde en fait état le 14/04 en écrivant : « Dans la Vallée de la Soummam, c’est le chanteur Ferhat qui a mis le feu aux poudres ».
-16/04/1980 : La première grève générale paralyse Tizi-ouzou.
-16/04/1980 : Le Chanteur Ferhat est arrêté et torturé au commissariat central d’Alger.
-Dans la nuit du 19 au 20 avril 1980, à l’heure où les étudiants de l’université de Tizi-ouzou dormaient profondément, violente intervention des troupes anti-émeutes avec chiens et matraques pour les déloger. Résultats : 547 blessés admis à l’hôpital de la ville. Cinq (05) d’entre eux en ont définitivement perdu la raison.
Un millier d’arrestations en milieux estudiantins (Alger et Tizi-ouzou).
-20 avril 1980 : Toute la Kabylie est dans la rue pour protester contre la répression de ses enfants. Émeutes et barricades pendant une semaine (20-27/04). Les voies de communication sont fermées autour de la Kabylie par des barrages de gendarmerie et de l’armée pour empêcher que personne ne puisse y entrer ou en sortir. Cela va faciliter le lynchage médiatique de la Kabylie qui atteint son paroxysme entre le 20 avril et début mai.
-15/05/1980 : Communiqué selon lequel toutes les personnes arrêtées sont libérées à l’exception de 24 militants de partis d’opposition (clandestins).
-20/05/1980 : Malgré une Kabylie presque étêtée, une deuxième grève générale est observée à Tizi-ouzou pour, cette fois, demander la libération des détenus.
Le pouvoir appelle à un congrès extraordinaire du FLN pour examiner les troubles en Kabylie.
-13/06/1980 : la veille de ce Congrès extraordinaire du FLN, la Kabylie ne s’avoue pas vaincue. L’Université de Tizi-ouzou organise, avec l’écrivain Kateb Yacine et le chanteur Ferhat, une journée de résistance. L’écrivain, révolutionnaire qu’il était, reconnaît publiquement qu’il existe « une question kabyle » en Algérie.
-26/06/1980 : les 24 détenus qui devaient être déférés devant la Cour de Sûreté de l’Etat sont mis en « liberté provisoire », mais dans les faits, ils sont remis en liberté tout court. Leur dossier ne sera jamais rouvert.
-Du 02/08/ au 16/08/1980, se tient le Séminaire d’Yakuren. Une cinquantaine de cadres universitaires et syndicaux ayant pris part de près ou de loin au « Printemps Berbère » (mars, avril, mai, juin 1980) se retrouvent pour rédiger une plateforme de revendications kabyles. Le document rendu public est remis aux instances algériennes. Après un survol de l’histoire millénaire d’Afrique du Nord, de la colonisation française et la « lutte de libération nationale » en Algérie, les rédacteurs insistent particulièrement sur la nécessaire reconnaissance par le pouvoir algérien de l’identité berbère et des « langues populaires », qualifiées aussi de langues « maternelles » : le berbère et l’arabe algérien.
-Septembre 1980 : Remaniement ministériel, nomination pour la première fois d’un Secrétaire d’Etat aux cultures populaires mais dont le travail n’a jamais concerné la promotion de la langue et de la culture kabyles pour lesquelles il devait être consacré.
En réponse aux berbéristes kabyles, une circulaire présidentielle augmente substantiellement le volume horaire de l’islam dans l’enseignement au primaire et au secondaire.
-10/10/1980 : Séisme violent à El Asnam (200 km à l’ouest d’Alger), rebaptisée depuis Chlef. Malgré la distance, les médecins kabyles furent les premiers sur les lieux.
-03/12/1980 : Le chanteur Ferhat se produit à Oran où les officiers kabyles de la base navale de Mers El-Kebir le réquisitionnent pour un concert. Celui-ci a lieu au Mess des Officiers qui a vibré au répertoire contestataire de l’artiste dont le fameux « Tahia Berzidan ». Cela ne l’empêchera pas de se faire de nouveau arrêter à l’aéroport d’Alger, le 13/12/1981 alors qu’il devait se rendre pour un concert à St-Etienne (France).
-Janvier 1981 : Naissance de la revue Tafsut (semi-clandestine) dans laquelle des réponses au déni d’identité et de langue opposé à l’amazighité étaient apportées.
-Mars 1981 : Le pouvoir répond par la proposition d’une « Charte Culturelle » du FLN.
-20/04/1981 : Grandiose 1er anniversaire du « printemps Berbère » à l’université d’Alger et à Tizi-ouzou. La foule qui a fait le déplacement est évaluée à des dizaines de milliers de personnes.
-21/04/1981 : 1er cours de langue amazighe organisé à Bab Ezzouar (Alger) en présence de Salem Chaker, 1er professeur kabyle de langue amazighe.
-19/05/1981 : pour la « Journée nationale de l’étudiant », une quinzaine d’arrestations sont opérées en milieu estudiantin kabyle à l’université d’Alger.
-21/05/1981, une manifestation estudiantine est violemment réprimée à Vgayet. Une vingtaine d’arrestations.
-Juillet 1981. Devant la persistance de la résistance kabyle, la 5e session du Comité Central du FLN est spécialement convoquée pour débattre du projet de charte culturelle. Finalement plutôt qu’une charte ce sera un simple « Rapport sur la politique culturelle » qui sera adopté. Il résume la détermination de l’Algérie à éradiquer la langue kabyle au nom de « l’unité nationale » en affirmant : « Ainsi qu’en témoigne l’Histoire, plus d’une nation avancée est arrivée à accomplir un grand bond en avant grâce à une langue unique véhiculant les activités de l’Etat et les efforts de l’administration centrale, réalisant, ainsi, l’unité nationale. » (Rapport sur la politique culturelle, 5e session du comité central du FLN; édité par le Ministère de l’Information, Alger, p. 19).
Mais durant les débats dont certains sont retransmis à la télévision, l’obsession unique des membres du comité central du FLN, d’en finir avec la question kabyle, tourne autour de la manière de « parvenir à ce que les mères kabyles parlent à leurs enfants en arabe aussitôt qu’ils sont nés » !
-11/09/1981 : Une décision d’organiser une grève de la rentrée scolaire pour le 29/09/1981 est prise par le noyau dur des activistes kabyles.
-18/09/1981 : arrestation de deux artistes kabyles, Malika Domrane et de Matoub Lounes à l’aéroport d’Alger.
-28/09/1981 : pour désamorcer la grève, le gouvernement algérien annonce la création d’une chair des cultures populaires à l’université de Tlemcen (600 km au Sud-ouest de la Kabylie).
-Début octobre 1981 : Des mesures sont prises contre les principaux animateurs du Mouvement Culturel Berbère.
-Arrestations à deux reprises du chanteur Ferhat pour répondre de la grève du 29/09/1981. Son exemption du service militaire lui est confisquée.
-Mutation du Dr Said Sadi de l’hôpital de Tizi-ouzou à celui de Khenchela (Aurès). Il refuse de rejoindre son nouveau poste.
-Appel sous les drapeaux de Ramdane Achab qui rejoint sa caserne. Hend Sadi est recherché et rend publique une déclaration, en se mettant momentanément en clandestinité.
-16/10/1981 : Condamnation par le Tribunal d’Alger des étudiants arrêtés le 19/05/1981.
-31/12/1981 : Procès des militants kabyles arrêtés le 19/05/1981 à Vgayet (ex Bougie). Deux bus pleins d’étudiants de l’université de Tizi-ouzou, se rendent sur les lieux en signe de solidarité avec les inculpés. Pour échapper à la pression estudiantine, le verdict sévère, dicté par Alger, n’est rendu qu’après minuit, une fois que la fatigue avait gagné la plupart des étudiants.
Les procès d’Alger et de Bougie ont bénéficié de collectifs d’avocats bénévoles constitués autour de Me Ali Yahia et de Me A. Ainouz.
-1982 : A l’occasion du 20ème anniversaire de l’indépendance de l’Algérie, le pouvoir manœuvre pour s’attirer les grâces de la Kabylie.
-Février 1982 : Ait Ahmed est démarché de manière officieuse pour qu’il rentre de son exil et qu’il mette un terme à son opposition au pouvoir qui souhaitait le coopter. Refus catégorique du leader kabyle qui ne voulait ni transiger sur ses principes ni remettre sa liberté en danger.
-24/03/1982 : Ferhat et Mouloud Mammeri, de retour de France, sont arrêtés à l’aéroport d’Alger.
-20/04/1982 : La Kabylie est de nouveau en communion avec ses revendications identitaires et linguistiques en ce 2e anniversaire de ce qui est désormais appelé le « printemps Berbère » de 1980.
-Mai 1982 : Annonce fracassante : Les restes du Colonel Amirouche, le héros kabyle de la guerre d’indépendance, sont « retrouvés » dans le sous-sol du siège de la gendarmerie nationale à Alger où Boumediene les avaient cachés. Parti dans le but de ramener des armes de Tunis, il n’y est jamais arrivé. Donné par les hommes de Boussouf, il fut tué en cours de route par l’armée française près de Boussaada (270 km Sud-est d’Alger). On jumelle l’opération Amirouche avec celle du rapatriement des restes de deux autres leaders kabyles de la guerre d’indépendance : Ceux de Abane Ramdane du Maroc, où il fut assassiné le 27/12/1957 par les tenants actuels du pouvoir, et de Francfort, ceux de Krim Belkacem, assassiné par le régime algérien en 1970. Ils seront tous les trois réinhumés au Carré des Martyrs du cimetière d’El-Alia où reposent les dignitaires du système en place. Après la nationalisation des hydrocarbures voici donc celles des icônes kabyles.
-Juin 1982 : Cheikh Imam (chanteur égyptien emprisonné par Nasser et libéré sur intervention du président français, François Mitterrand) chante à Tizi-ouzou. S’étant engagé à se rendre au campus universitaire, après son récital à la Maison de la culture, pour apporter son soutien aux militants « berbéristes », il en est empêché par la police qui lui interdit de s’y rendre. Toutefois, Kateb Yacine a été le remplacer au pied levé.
-02/07/1982 : Festival du chant patriotique à Vgayet : Le même Cheikh Imam est de nouveau enlevé par la police pour l’empêcher de rencontrer des militants du MCB (Mouvement Culturel Berbère).
-05/07/1982 : Libérations de quelques militants berbéristes condamnés le 04/03/1976 dans le cadre de l’affaire des « poseurs de bombe ».
-12 Septembre 1982 : Fête du Peuple Breton à Brest (France) : Echanges houleux entre Kabyles et représentants de l’Amicale des Algériens en France.
-02/11/1982 : Assassinat à l’arme blanche d’un militant kabyle, Amzal Kamel, par un groupe d’étudiants islamistes à l’université de Ben Aknoun (Alger). L’assassin présumé n’est condamné qu’à 6 ans de prison et finit par être gracié deux ans plus tard.
-04/11/1982 : Grève générale en Kabylie pour protester contre cet assassinat. Riposte d’Alger : occupation militaire du campus universitaire de Oued Aissi (Tizi-ouzou) où devait se dérouler le meeting de protestation du Mouvement Culturel Berbère.
-06/11/1982 : L’enterrement d’Amzal Kamel à Tiferdout (1200 m d’altitude près Tala Boudi, ex Michelet) draina des milliers de personnes qui ont ponctué l’événement par une marche silencieuse sur la ville (actuel Ain El Hammam).
-02/12/1982 : Confiscation par la police du passeport du chanteur Ferhat. Il n’en recevra un autre que 5 ans plus tard (janvier 1988).
-Mars 1983 : Mise sur pied de « l’Association des Enfants de Chouhada » (enfants de maquisards kabyles tombés pendant la guerre d’Algérie ». Sa première revue clandestine « Anza » (cri d’outre-tombe) rend publique une lettre de l’Emir Abdelkader datée de 1870, refusant l’alliance que lui proposait Bismarck contre l’ennemi français commun, en écrivant : « Que Dieu maudisse le glaive qui se lèverait contre la France généreuse » !
-20/04/1983 : La commémoration du 20 avril est un succès éclatant malgré des tensions entre militants « culturalistes » et « socialistes » au sein de l’université de Tizi-ouzou. La chanteuse Nouara régale le public.
Visite de Chadli à Tizi-ouzou.
En posant la première pierre d’une nouvelle cité à Nouvelle-ville, il glisse un document dans leqquel il fustige les militants kabyles.
-Juin 1983 : Premières bases d’une structuration clandestine du MCB. Deux textes ont été présentés au débat : l’un de Salem Chaker sur la problématique linguistique et identitaire, l’autre par Said Sadi portant sur la structuration politique. Les deux textes complémentaires sont adoptés. La structure expérimentale mise sur pied est née. La présidence provisoire a été confiée à Me Mokrane Ait Larbi.
-05/07/1983 : Tentative de dépôt de gerbe de fleurs au monument aux morts du centre-ville de Tizi-ouzou, par les « enfants de chouhadas » kabyles qui décident de refuser que le sang de leurs parents légitime la dictature algérienne. Un nouveau cheval de bataille est ainsi né. Conjugué au MCB, la Kabylie se renforce et élargit son influence à d’autres régions d’Algérie (Alger, Tipaza et Chlef notamment).
-16/07/1984, Ferhat Mehenni, qui depuis la manifestation du 05/07 se cachait avec Mokrane Ait Larbi et Said Sadi à Dellys, sort de la clandestinité et se fait arrêter aussitôt chez lui. Écroué à la prison de Berrouaghia, il passe toute la journée au quartier des condamnés à mort.
-04/02/1984 : Nouveau découpage territorial algérien. La Kabylie est dépecée. Un tiers de sa superficie est affecté à de nouvelles entités administratives limitrophes. La démarche consiste à éroder la langue et l’identité kabyles sur les pourtours de la Kabylie.
-15/10/1984 : Le chanteur Ferhat et l’activiste du MCB, Arezki About, sont arrêtés par la Sécurité Militaire qui les interroge à Blida. Ils sont relâchés avec un message d’avertissement à transmettre aux acteurs du MCB : « Gare à celui qui oserait perturber la commémoration du 30ème anniversaire du déclenchement de la guerre d’Algérie, le 1er novembre).
-01/11/1984 : A Azeffoun, cité balnéaire kabyle, un monument aux morts va être inauguré. Le faste et la solennité prévus pour l’occasion, devant une foule nombreuse, sont perturbés et empêchés par des militants kabyles (enfants de chouhadas et MCB). C’est la débandade générale des dignitaires du régime algérien devant cette intervention défiant publiquement leur autorité.
Ce fut la première victoire depuis 1980. Un nouveau processus de contestation du régime par la Kabylie se met en place.
Sur conseil de Me Ali Mecili, La FIDH (Fédération Internationale des Droits de l’Homme, francophone) est sollicitée pour admettre en son sein une ligue algérienne des droits de l’homme, si elle venait à être créée.
-06/02/1985 : Conférence à la Maison de la Culture de Tizi-ouzou sur la « réécriture de l’histoire de la Wilaya III » (Kabylie) pendant la guerre d’indépendance. Sa conclusion principale est « La Wilaya III a participé à la Révolution » ! Quand on sait le rôle de premier plan assuré par la Kabylie tout le long de la guerre d’Algérie, c’est là une insulte de plus.
Avant le début des travaux, six militants kabyles dont cinq fils de maquisards tombés au champ d’honneur, sont arrêtés pour avoir voulu participer à ladite conférence. Ils sont écroués à la maison d’arrêt de la ville où ils entament aussitôt une grève de la faim.
-Le 12/02/1985 : Leur procès a lieu à Tizi-ouzou. La relaxe est prononcée pour tous. Mais le procureur de la république, M. Aissi, meurt d’un infarctus. Il n’a pas supporté les menaces et les vociférations de son ministre qui lui reprochait d’avoir été en deçà de ce qui était attendu de lui lors de son réquisitoire.
-Mars 1985 : Suite à des contacts avec des milieux de l’opposition non kabyle, une première réunion pour créer une ligue algérienne des droits de l’homme a lieu dans un restaurant d’Alger (El Bassour). Saad Dahleb, membre de la délégation du FLN ayant négocié les Accords d’Evian du 18/03/1962, y participe. C’est une caution officielle du régime. Que cache-t-elle ?
Le deal entre la partie kabyle et son alliée arabophone du moment stipule que la présidence de la ligue ira à un kabyle, Me Abdenour Ali Yahia, tandis que la majorité absolue du Conseil d’Administration sera donnée à l’aile « arabe ». Les élections ont donné les résultats convenus. Le soir même, une réunion de ce conseil d’administration se tient et, surprise ! La partie majoritaire revendique que le président ne soit pas celui élu par l’assemblée générale mais par les membres du Conseil d’Administration. Crise ouverte ! La parole donnée n’est pas respectée. Scission.
-29/06/1985 naît, à Alger, la Ligue Algérienne de Défense des Droits de l’homme, avec quand-même, oh prouesse, un non kabyle dans son conseil d’adminitration, le psychiatre d’origine constantinoise, le Pr Khaled Benmiloud.
-05/07/1985 : Célébration de l’anniversaire de l’indépendance : Le MCB opérant sous couvert des enfants de Chouhada organise un dépôt de gerbes de fleurs au centre-ville de Tizi-ouzou. La police intervient. Douze militants sont arrêtés et transférés à Alger. Ils sont déférés devant la Cour de Sûreté de l’Etat et écroués à Berrouaghia.
La Ligue Algérienne de Défense des Droits de l’Homme, le MCB et les enfants de chouahada sont décapités.
-29/07 au 09/08/1985 : Grève de la faim des prisonniers.
-20/08/1985 : arrestation des derniers éléments du noyau du Mouvement Culturel Berbère (Said Sadi, Me Ait Larbi et Said Doumane).
-30/08/1985 : Le plus populaire des chanteurs kabyles, Ait Menguellet, réagissant à ces arrestations, dédie son concert à Alger aux prisonniers kabyles.
-09/09/1985 : Arrestation d’Ait Menguellet au prétexte de détention illégale d’arme à feu. Il est incarcéré à El Harrache (banlieue-est d’Alger)
-10/09/1985 : Le Secrétaire Générale de la Ligue Algérienne des Droits de l’homme, M. Hachemi Nait Djoudi, dénonce cette arrestation. Il est à son tour écroué avec ses camarades à Berrouaghia.
-15/09 au 25/09/1985 : Emeutes en Kabylie contre toutes ces arrestations.
-20/10/1985 : Les gardiens de prison de Berrouaghia, sur ordre du ministre Boualem Baki, tentent d’agresser les prisonniers kabyles qui se barricadent dans leur cellule collective.
-16/12/1985 : Ouverture du procès des prisonniers kabyles devant la Cour de Sûreté de l’Etat à Médéa.
Le même jour est conclu l’accord de Londres entre l’opposant kabyle, Hocine Ait Ahmed et son ancien ennemi juré, Ahmed Ben Bella. La coïncidence avec le procès de Médéa était intentionnelle. Un historien renommé, ancien conseiller de Ben Bella, dit à ce dernier, en des termes moins polis : « Les Kabyles t’ont eu ! »
-18/12/1985 : Suspension du procès, suite à la défection d’un membre du jury pour objection de conscience : Il ne cautionne pas qu’on traduise en justice pour des raisons politiques, des enfants de ses compagnons de maquis de la guerre d’indépendance. Le procès aurait dû être annulé pour vice de procédure, mais il ira jusqu’au bout.
-23/12/1985 : Verdict de la Cour de Sûreté de l’Etat : Cinq des vingt-trois inculpés sont condamnés à trois ans de prison ferme et un sixième écope de dix-huit mois.
-02/01/1986 : Transfert des condamnés à Tazoult-Lambèse où ils seront passés à tabac par un comité de matons préparé à cet effet.
-Octobre 1986 : Émeutes en Kabylie orientale et à Constantine. Des centaines d’arrestations. Ceux d’entre eux qui sont transférés à la prison de Tazoult-Lambèse ont été répertoriés par les détenus Kabyles, notamment Arezki Ait Larbi et leur liste sortie de prison grâce à un ingénieux procédé technique de Ferhat Mehenni.
-02/11/1986 : transfert des prisonniers politiques kabyles de Tazoult-Lambèse vers Constantine, Sétif et Blida.
-Mars 1987 : Le pouvoir algérien crée sa propre Ligue Algérienne des Droits de l’Homme. Il l’actionne pour demander la libération des détenus kabyles.
-07/04/1987 : Assassinat à Paris de Me Ali Mecili par les services algériens. Il était le bras droit de Hocine Ait Ahmed et c’était grâce à lui qu’il y a eu jonction entre le FFS et le MCB naissant, et que Ben Bella accepta l’accord de Londres avec la Kabylie. La France s’empresse d’expulser l’assassin vers l’Algérie, à la demande de celle-ci.
-27/04/1987 : Libération des prisonniers kabyles suite à une « grâce présidentielle », mais leurs rangs sont définitivement divisés.
-05/07/1987 : Libération des « poseurs de bombe » kabyles, condamnés par la Cour de Sûreté de l’Etat le 04/03/1976.
-Juillet 1988 : Université d’été clandestine en Kabylie pour former une nouvelle organisation politique plus structurée et plus déterminée que le MCB.
-19/09/1988 : Le président algérien au niveau intellectuel limité, pro-arabe, fait un discours ressenti comme provocateur par la Kabylie. Il annonce que l’Algérie va s’unir avec la Jamahiriya Arabe Libyenne et que « ceux qui ne sont pas d’accord, n’ont qu’à aller vivre ailleurs ! »
-24/09/1988 : Des grèves tournantes dans l’Algérois sont orchestrées dans les entreprises publiques.
-28/09/1988 : Premières émeutes à Alger.
-04/10/1988 : Réunion restreinte du MCB pour évaluer la situation. Conclusions :
-Nécessité d’une meilleure information sur les émeutes qui s’étendent à travers l’Algérie.
-Considérer le moment comme étant révolutionnaire et en profiter pour recréer une société politique.
-Protéger la Kabylie de tout trouble non contrôlé et qui mettrait le MCB hors-jeu. Un tract appelant à une grève générale pour les 10 et 11 octobre est rédigé.
Dans la foulée des discussions, suite à la décision de prendre attache avec toute la classe politique réduite au silence, Said Sadi propose que l’on prenne langue également avec le pouvoir algérien. Finalement on ne verra personne en dehors des représentants de celui-ci.
-05/10/1988 : Etat de siège décrété par Chadli. Intervention de l’armée pour rétablir l’ordre dictatorial. Des centaines de morts et d’arrestations.
-06/10/1988 : Un émissaire du pouvoir, en la personne du commissaire de la ville kabyle des Issers contacte la direction du MCB : Son message est celui d’une menace sous forme de conseil : « Le pouvoir n’attend qu’une seule chose : que la Kabylie bouge et il y fera un massacre. Les sièges des wilayas (préfectures) kabyles sont truffés de commandos prêts à intervenir contre les Kabyles qu’on va accuser d’être manipulés de l’étranger pour fomenter tous les troubles qui se produisent à travers l’Algérie.
-07/10/1988 : Une délégation de trois Kabyles est reçue à la présidence de la république par le bras droit de Chadli, Larbi Belkheir. Hachemi Nait Djoudi, Mokrane Ait Larbi et Said Sadi reviennent avec la conviction que le pays va se « démocratiser ». La Kabylie tient son rôle sur l’échiquier politique algérien. En dehors des Kabyles, c’est une délégation d’islamistes qui a été reçue à El-Mouradia. Ces derniers s’attribuent les émeutes d’Alger et se font prendre plus au sérieux que les pacifistes Kabyles.
-09/10/1988 : Le chanteur kabyle Matoub Lounès, prend avec lui deux étudiants et des rames de tracts appelant à la grève générale en Kabylie. Direction Michelet (Ain El Hammam). Ils distribuent les tracts le long de leur parcours à partir de Tizi-ouzou. Signalé par les services de sécurité, il est intercepté par un barrage de la gendarmerie dont le chef vide sa Kalachnikov sur lui. Il ne doit sa survie qu’à une intervention le lendemain de deux militants kabyles qui le retirent à l’hôpital de la localité où, il allait à coup sûr mourir.
-10/10/1988 : Discours de Chadli annonçant une ouverture politique sur la base d’un référendum. L’événement va accentuer les divisions que l’épreuve de la répression de 1985 avait suscitées dans la classe politique kabyle.
-13/10/1988 : Conférence de presse annonçant la tenue des « Assises du MCB » en vue de créer un parti politique kabyle. Ait Ahmed, est mécontent. La lutte pour le leadership en Kabylie est lancée. Elle fera plus de dégâts au sein des militants que n’en avait fait la répression.

-29/10/1988 : Arrivée à Alger de l’actrice française, Isabelle Adjani. Ce sont les Kabyles de la LADDH, à leur tête Me Abdenour Ali Yahia qui l’accueillent et lui confectionnent son programme de travail. C’est ainsi, que pour le 01/11/1988, journée d’inauguration d’un monument aux morts à Ighil-Imoula (Kabylie) où fut tiré le tract appelant à la guerre d’indépendance de l’Algérie, en 1954, elle préfère voir des blessés des événements d’octobre 1988 dont le chanteur Matoub Lounès. Elle refuse d’aller à des « mondanités » du régime algérien. Sa visite va internationaliser le cas dramatique de Matoub et forcer enfin le gouvernement algérien à le transférer en France où il va être sauvé de la mort in extremis.

SIWEL 131024 Oct 17 UTC

quinta-feira, 12 de outubro de 2017




MEMORANDUM POUR LE DROIT A L’AUTODÉTERMINATION DE LA KABYLIE
Partie 4 : Algérie versus Kabylie I - Les années 60 et 70

Cette chronologie, sans être exhaustive, retrace les événements marquants qui opposent l’Algérie à la Kabylie dans un duel à mort. Dès le passage du témoin colonial français à l’Algérie dite « indépendante », la Kabylie qui a toujours lutté pour sa liberté s’est insurgée contre la dictature que le nouveau pouvoir installé à Alger veut lui imposer. S’ensuit, depuis, une défiance mutuelle à laquelle le présent Mémorandum se propose de mettre un terme par une voie pacifique, celle du droit à l’autodétermination du peuple kabyle, celle de l’expression de la démocratie.
Pour comprendre comment les deux parties en sont arrivées là, le lecteur trouvera dans le rappel des faits maillant cette chronologie, les éléments d’information qui peuvent l’édifier. Il se rendra compte que leurs tensions sont permanentes, depuis 1962, et que les deux entités sont irréductibles. Par conséquent, leur séparation est la seule issue pour un avenir de paix si, du moins, la communauté internationale ne souhaiterait pas que le conflit politique prenne, un jour, des proportions beaucoup plus dangereuses aussi bien pour les deux antagonistes que pour la stabilité de tout le bassin méditerranéen. Même si la Kabylie continue de penser qu’une guerre évitée est un bienfait pour l’humanité, celle-ci n’en sera jamais tout à fait une tant que tous les peuples ne sont pas libres.
LES ANNÉES 60
-18/03/1962 : Signature des Accords d’Evian par Krim Belkacem, mettant fin à plus de sept années de guerre et 132 ans de colonisation française.
-14/04/1962, Ben Bella, se préparant à prendre le pouvoir à Alger, déclare à Tunis : « Nous sommes des Arabes, des Arabes, 10 millions d’Arabes ! ».
-05/07/1962 : Proclamation de l’indépendance de l’Algérie.
-15/09/1963 : Coup d’Etat contre la Constituante algérienne, une constitution, imposée par le clan d’Oujda (Ben Bella-Boumediene), est proclamée dans un grand cinéma d’Alger. Elle consacre l’islam comme religion d’Etat et la langue arabe comme langue nationale, au mépris de la Kabylie laïque et amazighe.
L’indépendance est confisquée. Le rêve tourne au cauchemar.
-29/09/1963 : La Kabylie déclare la guerre contre le pouvoir algérien. Hocine Ait Ahmed, Mohand Oulhadj et Abdelhafid Yaha le font au nom du FFS (Front des Forces Socialistes).
-03/10/1963 : Guerre des frontières, appelée « Guerre des Sables », entre le Maroc et l’Algérie.
-15/10/1963 : Défection de Mohand Oulhadj qui préfère envoyer ses troupes en renfort à la guerre des frontières et déserte la résistance kabyle.
-Décembre 1963 : Pourparlers de paix entre la Kabylie et Alger. Ils vont échouer trois mois plus tard.
-Mars 1964 : reprise de la guerre entre la Kabylie et l’Algérie.
-16/10/1964 : Arrestation de Hocine Ait Ahmed, chef de la rébellion kabyle.
-25/11/1964 : Mohand Oulhadj est forcé par Ben Bella de lui remettre, contre reçu, le Trésor de la Kabylie constitué de 46 lingots d’or d’un kilo chacun, plus de 9000 pièces d’or de monnaie française de diverses valeurs et la somme de 300 millions de francs.
-10/04/1965 : Ait Ahmed est condamné à mort. Deux jours plus tard, sa peine est commuée en détention à perpétuité.
La guerre de Kabylie aura coûté 497 morts et plus de 3000 arrestations. A ce jour, ses victimes kabyles ne sont pas reconnues en tant que telles par l’Algérie.
-21/04/1965 : Le Congrès du FLN accouche de « La Charte d’Alger » dans laquelle la langue arabe et l’islam sont renforcés par l’option socialiste du pays et aucun mot sur l’identité et les langues amazighes. Elle énonce en introduction : « Le peuple algérien est un peuple arabo-musulman. En effet, à partir du VIIIe siècle, l’islamisation et l’arabisation ont donné à notre pays le visage qu’il a sauvegardé jusqu’à présent. ». L’amazighité, en tant qu’élément identitaire fondamental est évacuée
-16/06/1965 : Accord entre le FFS (Kabylie) et Ben Bella (Algérie) mais le document n’a jamais été publié (Souce Abdelhafid Yaha). Un entrefilet dans la presse, attribué à l’un des négociateurs du pouvoir, Mohamed Bejaoui, est publié mais signifiant, plutôt qu’un accord politique, la capitulation du FFS
-19/06/1965 : Coup d’Etat à Alger, Boumediene renverse Ben Bella et suspend la constitution. La terreur politique est institutionnalisée, particulièrement contre tout ce qui est « berbère » et surtout kabyle.
-01/05/1966 : Evasion de Hocine Ait Ahmed de la prison d’El Harrach (Alger) vers le Maroc d’où il va rejoindre la Suisse.
-14/06/1966 : Création en France de l’Académie Berbère, une organisation politico-linguistique qui va assurer l’éveil identitaire auprès de plusieurs générations de lycéens kabyles, grâce, entre autres à la ténacité d’un homme : Mohand Arav Bessaoud.
-1967 : Réduction du temps d’émission de la radio kabyle (Chaine II) héritée de la colonisation. Ouverture à 6h 30 du matin, elle interrompt ses émissions entre 9h et 12h, entre 15h et 18h, puis fermeture de l’antenne à 22h.
-1967, la chanson kabyle connaît, sous l’impulsion de Cherif Kheddam, sa première mutation en ouvrant la radio à de jeunes talents dont émergeront quelques géants de notre patrimoine.
L’heure de Kabyle diffusée sur les ondes de l’ORTF (Radio France) sur les Ondes Courtes est ramenée à 15mn, à la demande d’Alger. Hamid Hamici en était l’animateur et Slimane Azem le chanteur le plus engagé de l’époque.
-Octobre 1968, Le dictateur Houari Boumediene humilie la Kabylie en y allant passer 10 jours, une manière de dire qu’elle était « pacifiée », digérée.
-Fin 1968, suppression du dernier temps d’antenne du kabyle sur les Ondes Courtes de Radio France.
-1969 : La JSK (Jeunesse Sportive de Kabylie) accède en première division de football. Elle sera le porte-drapeau et le symbole de résistance de la Kabylie.
-Juillet  1969 : Marguerite Taos Amrouche, chanteuse kabyle, est interdite au Festival Panafricain d’Alger.
-Septembre 1969 : Création du « Cercle Culturel Berbère » à la cité universitaire de Ben Aknoun (Alger)
En riposte à ce CCB, et comme contre-feu aux Kabyles, Boumediene encourage les islamistes à créer la première mosquée qu’il finance dans la même cité.
LES ANNÉES 70 : RENAISSANCE MALGRÉ LA TERREUR
-18/10/1970, Krim Belkacem, le leader kabyle, est assassiné à Francfort, par les services de Boumediene.
Mouloud Mammeri publie la grammaire berbère (Tajerrumt n tmazight) et un lexique moderne (Amawal atrar).
-1972 : Idir révolutionne la chanson kabyle qui, tout en se modernisant, devient revendicative sur les plans identitaire et culturel. La liberté d’expression entame son combat contre la censure.
-1973 : Le cours de langue amazighe assuré bénévolement à l’université d’Alger par l’écrivain Mouloud Mammeri est supprimé par décision du ministère de l’enseignement supérieur.
-Mars 1973 : Lors du Festival de la chanson algérienne, des étudiants kabyles forment deux groupes de musique qui réussissent à s’inscrire pour y participer (« Imazighen Imoula» en Kabylie et « Lazouk » à Alger). Les phases éliminatoires se déroulent les 05/07 et le 20/08/1973. En Kabylie, le groupe Imazighen Imoula passe les présélections sans coup férir, alors que Lazouk, porté pourtant le prestigieux chanteur IDIR, est recalé dès le 1er tour à Blida. Sa prestation, de facture internationale, est retransmise à la télévision algérienne mais son élimination répond à deux besoins : 1) ne pas faire représenter Alger par la chanson kabyle, 2) empêcher les Kabyles de gagner le premier prix. Celui-ci finit quand même par être remporté par le groupe rescapé « Imazighen Imoula » que sont venus renforcer les membres de Lazouk.
-Naissance du Groupe d’Etudes Berbères de Vincennes à l’initiative de Mbarek Redjala.
-Décembre 1973 : La troupe théâtrale universitaire de Ben Aknoun, composée de militants kabyles, réussit l’exploit de représenter l’Algérie au Festival International du Théâtre de Carthage. Le représentant du ministère de la culture venait chaque semaine assister aux répétitions qui, en sa présence étaient jouées en arabe. Mais dès qu’il partait, elles reprenaient en kabyle. La qualité du jeu scénique kabyle a épaté les spectateurs et le jury qui lui décerne le 2e prix du Festival. Aucun remerciement du Ministre qui se sent floué.
-Juin 1974 : La fête des cerises de Larvaa Nat Yiraten (Ex Fort National) tourne au drame après que les autorités aient décidé d’interdire des chanteurs kabyles. L’électricité est coupée et des émeutes eurent lieu la nuit devant l’une des plus grandes casernes algériennes en Kabylie. 4 morts parmi les militaires. La fête des cerises est définitivement interdite sous la dictature du parti unique.
-Publication des premières revues clandestines « Taftilt » et « ITIJ »
-27/12/1975 : Une bombe artisanale est déposée devant l’unique quotidien francophone d’Algérie, « El-Moudjahid ». Dégâts matériels minimes. Une chasse à l’homme fut déclenchée dans les milieux « berbéristes ». Une dizaine de Kabyles sont arrêtés et pour délégitimer leur revendication de langue et d’identité, le pouvoir va les accuser de « complicité avec l’étranger ».
-04/03/1976 : Procès des « poseurs de bombe » : un condamné à mort (Smail Medjber), un autre à perpétuité (Mohand U Harun), un à 20 ans (Kaci Lounes) et un à 10 ans (Cherradi Hocine)
-Du 19/05 au 19/06 1976 : un texte doctrinaire, « La Charte Nationale », est soumis à débat populaire pour asseoir la légitimité d’une nouvelle constitution. Sa première phrase assène : « L’Algérie est partie intégrante du monde arabe ». De tous les coins d’Algérie où vivaient des Kabyles, revenait la demande de reconnaissance de la langue et de l’identité amazighes. Mais à sa clôture, le 20/06/1976, Boumediene qui admet à demi-mots l’existence d’une opposition kabyle, ferma toutes les portes à une reconnaissance de la moindre différence linguistique ou identitaire en Algérie en affirmant : « Lors de ces débats, beaucoup d’intervenants ont demandé la promotion de l’arabe populaire. Si nous venions à accéder à leur vœu, comment allons-nous communiquer avec nos frères saoudiens, syriens, irakiens ou palestiniens ? »
-Le 16/09/1976 : une constitution est adoptée par une mascarade référendaire et reprend les mêmes éléments de base que celle de 1963. L’arabe langue nationale et l’islam religion d’Etat. Au diable, les Kabyles !
-30/11/1976 : 1ère arrestation de Ferhat Mehenni, un activiste « berbériste ».
-19/06/1977 : la JSK est en finale de la coupe d’Algérie de football. Le dictateur Boumediene qui devait remettre le trophée au vainqueur était là, au « Stade du 5 juillet » à Alger. Pour cette occasion, les Kabyles ayant rempli le stade, huèrent l’hymne national algérien et scandèrent « A bas Boumediene ! ». Aussitôt, sur ordre du despote, la JSK change d’appellation, il fallait qu’elle perde le nom de Kabylie, elle est renommée en arabe : « Jamaiyat Sariaa Kawkabi ».
-Septembre 1977 : Ouverture de l’université de Tizi-ouzou, pour « dékabyliser Alger » où les universitaires kabyles envahissaient tous les espaces.
-1978 : La JSK perdra même ses initiales pour devenir JET, car la « Jamayat Sariaa Kawkabi » gardait son acronyme d’origine qui rappelle trop la Kabylie.
-1978 : Première grève des étudiants à Tizi-ouzou.
-1978 : Dissolution de l’Académie Berbère à Paris suite à une collaboration entre services algériens et français.
-Octobre 1978 : création de la Coopérative Imedyazen à Paris par le FFS qui, après une hibernation de 13 ans, revient à la vie en rédigeant sa première plateforme « Algérie : l’alternative démocratique », prônant une « autonomie régionale ».
-28/10/1978 : Organisation d’un concert à Paris par Imedyazen pour mobiliser l’opinion kabyle en faveur de son identité et de sa langue. Il y avait à l’affiche, Slimane Azem et Hnifa, Idir et Ferhat.
-Depuis septembre 1978, Boumediene malade n’est pas apparu à la télévision. Il agonisait.
-12/12/1978 : une opération en Kabylie est montée de toutes pièces par les services algériens pour faire diversion sur la mort du dictateur. Un avion-cargo décolle de nuit de la base d’aviation militaire de Vgayet pour aller larguer, 15 km plus loin seulement (Cap Sigli) des armes à de soi-disant opposants. La propagande officielle attribua ce « coup » aux Marocains.
-Le 28/12/1979 : Boumediene est « débranché ». Chadli Bendjedid lui succéde deux mois plus tard. C’est sous la présidence de celui-ci que la Kabylie, ayant repris ses forces depuis le traumatisme de la guerre de 1963-1965, va s’affirmer politiquement.
-1979 : 2e grève des étudiants de Tizi-ouzou. Premières distributions clandestines de la plateforme du FFS « Algérie : l’alternative démocratique ».

SIWEL 121623 Oct 17 UTC

quarta-feira, 4 de outubro de 2017

Mémorandum – partie 3 : de la manifestation de l’Etat kabyle à travers l’Histoire


MEMORANDUM

POUR LE DROIT A L’AUTODÉTERMINATION DE LA KABYLIE

Partie 3 : De l’Etat kabyle


L’Etat kabyle a souvent été un ensemble de fédérations stables. Cependant il ne se manifeste qu’à des périodes cruciales de l’histoire de la Kabylie, comme pour l’adoption d’une importante loi, ou pour repousser un envahisseur. Du fait de leur langue, de leurs coutumes et de leurs valeurs communes, sur un territoire continu, les Quinquégentiens se vivaient comme un peuple au sens où l’on dépassait déjà le cadre tribal par des alliances fédérales engageant toutes les régions de la Kabylie. Cet Etat a toujours été démocratique. Parallèlement, les royaumes de Bougie (1067-1510), la chefferie des At Abbas (1510-1872) et de Koukou (1512-1640), en ont été les manifestations les plus visibles.
Dans leur étude, en trois volumes, parue entre 1872 et 1873, intitulée « La Kabylie et les coutumes kabyles », Hanoteau et Letourneux écrivaient :
« L’organisation politique et administrative du peuple Kabyle est une des plus démocratiques et en même temps, une des plus simples qui se puissent imaginer. Jamais, peut-être, le système de self-government n’a été mis en pratique d’une manière plus complète et plus radicale ; jamais une administration n’a compté un nombre aussi restreint de fonctionnaires et n’a occasionné moins de dépenses à ses administrés. »
Ils poursuivent : « L’idéal du gouvernement libre et à bon marché, dont nos philosophes cherchent encore la formule à travers mille utopies, est une réalité depuis des siècles en Kabylie. Là, en effet, le peuple est tout et suffit à tout ; le gouvernement, l’administration, la justice ne coûtent absolument rien à la communauté… »
Ces deux chercheurs français avaient trouvé des institutions qui avaient fait leurs preuves contre la Régence turque d’Alger et que la France coloniale cherchait à effriter pour installer les siennes. L’étude de Salem At Seyd, nous en montre les articulations et la solidité du fait de leur ancrage dans la démocratie fédérative.
Ainsi donc, face au « Pouvoir absolu » des monarchies européennes (Louis XIV : « l’Etat c’est moi ») et du despotisme oriental, la Kabylie vivait depuis très longtemps les conditions de la « Démocratie absolue ». Chaque citoyen y était en droit de dire « L’Etat, c’est nous tous et chacun d’entre nous». C’est ce qui vaut à la Kabylie une extraordinaire stabilité dans sa gouvernance. Elle avait un « système démocratique berbère traditionnel » (Roberts) fondé sur la « tajmaat », l’assemblée villageoise ou de l’arch (une fédération de municipalités) et ne reposant pas que sur les liens du sang.
En 1527 – alors que la renaissance battait son plein en Europe – la Kabylie passe progressivement à un système de gouvernance fédérale reposant sur une appartenance politique. C’est un système étatique qui ne ressemble à aucun autre. En effet, le modèle de gouvernance de la Kabylie à cette époque opère un changement majeur. C’est l’émergence d’une gouvernance fondée sur des ligues fédérales unifiant les archs. Ces « deux appareils politiques » se nommeront Basse ligue et Haute ligue fédérales de Kabylie. Chaque arch ou partie de arch sera désormais lié à l’une ou l’autre ligue. Et cela du voisinage d’Alger aux confins de Vgayet (Bougie), Tuvirett (Bouira) et Sétif. C’est cette organisation qui prévaudra encore pendant la période contemporaine après 1830, époque où, la Kabylie résistera fort longtemps aux appétits coloniaux français.
Dans le monde, il a fallu attendre l’avènement de la jeune démocratie américaine en 1776 pour voir un système démocratique analogue. Dans un contexte international très hostile, la seule faiblesse que recelait la vieille démocratie kabyle était son attachement à un modèle d’Etat le plus horizontal possible. Tout en tirant de lui une extraordinaire vitalité, la Kabylie avait pris conscience de la nécessité de disposer de « lieux de centralité ». Son Etat a fini par démontrer sa capacité à « verticaliser » ses fonctions régaliennes sur tout ou partie de son territoire, notamment l’Exécutif National et la Défense.
C’est cette centralité décisionnelle qui amena aux délibérations dites « de 1748/49 »[1] et à la réaffirmation de la souveraineté du Droit kabyle sur toute autre considération allogène ou religieuse. Cette non-reconnaissance du Droit musulman sur la Terre kabyle est édifiante. En vertu du système des ligues, ces délibérations valent pour l’ensemble des alliés. Et il se trouve que c’est à cette époque que fut prise la décision d’exhéréder la femme, non pas par discrimination sexiste, mais pour déchoir les descendants du Bey Mohamed Ben Ali de toute prétention à l’héritage en Terre kabyle. C’était un acte de résistance contre le colonialisme de l’empire ottoman. Cela peut même expliquer les raisons d’une guerre généralisée des Etats ottomans (Alger, Constantine et Oran) contre la Kabylie. Malgré tout, la Kabylie sortira victorieuse de cette guerre de 1767-69 au prix de milliers de morts. Le Droit islamique (chaaria) n’aura plus de prééminence en Kabylie.
Plus tard, même après avoir perdu la bataille d’Icerriden, la mort un mois plus tard de son héroïne, Fadma n Summer, et surtout après l’échec traumatisant de la révolte de 1871, la France coloniale n’avait jamais réussi à abattre les institutions pérennes kabyles, notamment celles de la délibération (Tajmaât), des Ârch et de la justice. En 1920, l’administration coloniale se plaignait toujours de la désertion de ses tribunaux par les Kabyles. Une administration autochtone parallèle continuait de fonctionner loin de celle de la colonisation. Aujourd’hui encore de nombreux différends trouvent une issue loin des tribunaux algériens. C’est sur ces institutions que s’est appuyée le FLN-ALN pour livrer la guerre de décolonisation de l’Algérie que la Kabylie avait portée à bras le corps.
Pendant les luttes de pouvoir entre factions régionales engagées au lendemain de l’indépendance, c’est avec le soutien de ces institutions séculaires que le FFS a pu livrer la guerre contre Alger. Ce fut la première tentative postcoloniale de remettre sur pied un Etat kabyle modernisé. Une fois que le FFS a perdu la bataille, le pouvoir algérien n’a jamais cessé de s’attaquer à elles pour les démanteler. La dictature de Boumediene avait favorisé l’exode rural pour affaiblir les assemblées de village, puis recouru à leur noyautage par le néo FLN, érigé en parti unique, dans le but de les contrôler par la terreur, la délation et la corruption. En vain.
La révolte populaire d’avril 1980, appelée depuis, le « Printemps berbère », fut un cinglant revers pour Alger. Ni les notables de la guerre d’indépendance (les anciens maquisards) sur lesquels il s’appuyait, ni les militants du FLN n’avaient pu empêcher la Kabylie de descendre dans la rue et d’infliger au pouvoir algérien sa deuxième remise en cause politique depuis 15 ans. Le MCB (Mouvement Culturel Berbère) tentera durant plus de 10 ans d’incarner l’espoir de renaissance de l’Etat kabyle. Il tira sa révérence après son baroud d’honneur réussi du boycott scolaire ayant duré toute l’année 1994-1995. L’avènement de la « démocratisation » de l’Algérie avait transféré cet espoir d’un Etat kabyle moderne vers les deux partis rivaux que sont le FFS et le RCD. Insérés dans le jeu institutionnel algérien ils ont fini par être broyés et devenir des éléments d’obstruction à une Kabylie indépendante.
C’est au moment où l’on croyait mort tout espoir d’Etat kabyle qu’au printemps 2001,qu’en réaction au massacre de jeunes manifestants pacifiques kabyles par les troupes algériennes (130 morts au « Printemps Noir » 2001-2003), deux structures voient le jour en même temps. Le mouvement des Archs et le MAK.
Pendant trois ans, les Archs ont été une véritable réémergence de l’Etat kabyle mais dont les membres ignoraient le réel fonctionnement. Ce fut la résurgence de l’une des structures étatiques kabyles les plus anciennes, les fédérations territoriales qui remontent aux Quinquégentiens d’il y a plus de deux mille ans. Nul mouvement n’avait réussi, avant lui, à faire descendre deux millions de Kabyles à Alger (14/06/2001) pour défendre le droit à la vie. Pendant trois ans, aucun officiel algérien n’avait pu fouler le sol de la Kabylie.
Toutefois, leur plateforme de revendication (Plateforme d’El-Kseur) était un ensemble de 15 doléances hétéroclites sans objectif politique stratégique. Il ne tarda pas à péricliter.
C’est le MAK (Mouvement pour l’Autodétermination de la Kabylie), pourtant né en même temps que les Archs, qui va structurer, patiemment et méthodiquement, l’espoir d’un Etat kabyle moderne. Une réaffirmation de la nécessité d’une résurgence de l’Etat kabyle est exprimée de 2001 à 2010, sous forme d’une demande d’autonomie, dans le cadre d’une Algérie plurielle. Mais à partir de 2011, c’est un Etat, au sens plein du terme, qui est revendiqué pour une Kabylie indépendante. C’est ce Mouvement qui, de nos jours, mobilise l’écrasante majorité des Kabyles, notamment tous les 20 avril. Le MAK est, aujourd’hui, sans conteste, la première force politique de la Kabylie. Il est l’organisation dans laquelle le peuple kabyle se reconnaît le plus, et qui porte avec fierté son aspiration la plus partagée, celle d’une Kabylie libre et indépendante.
Le premier juin 2010, un gouvernement provisoire en exil, « l’Anavad », est mis sur pied par le président du MAK. Il vient de signer les conventions de Vienne et de les déposer à l’ONU.
L’Anavad est, de nos jours, le seul représentant légitime du peuple kabyle. C’est à ce titre et au nom de la Kabylie, qu’il introduit auprès de l’ONU et de l’Union Africaine la présente demande pour l’organisation d’un référendum d’autodétermination du peuple kabyle dans les meilleurs délais.
[1] Selon l’Historien kabyle Boulifa, les dates réelles de ces délibérations seraient en réalité plus proches de la guerre de 1767-69.

sábado, 30 de setembro de 2017

尊敬的中华人民共和国主席习近平阁下:
索引号:ASAN / FM / 1709/10
主题:请求正式承认卡比利亚人民的自决权
主席阁下,
依据联合国基本文件,本人以Anavad(卡比利亚临时政府)主席及MAK-Anavad(卡比利亚自决运动)主席身份,谨代表卡比利亚,有幸向您呈递这份备忘录,请求您正式承认卡比利亚人民的自决权。
Anavad认为,现在的卡比利亚人民已具备行使公投自决权的所有必要条件。
卡比利亚应当加入联合国,并以一个民族和独立自由国家的身份在联合国中占有一席之地。现在正是解除1875年以来阿尔及利亚政府对她的政治桎梏之时。这些桎梏一直处于紧张状态,互相不信任,时不时地还掺杂着严重的暴力。卡比利亚一直试图挣脱枷锁,一直在为后世幸福和地区稳定而斗争。
卡比利亚有近1200万人口,领土面积超过4万平方公里。虽然我们知道,决定能否加入联合国的条件既不是人口数量,也不是领土大小,但应当注意的是,位于阿尔及利亚东部的卡比利亚地区,面积超过30%以上的联合国成员国,人口也超过60%以上的联合国成员国。
独立的理由涉及到生活的方方面面。本备忘录中的资料挑选了其中最为严重、影响最深的领域。尽管我们提出种种证据来支持我们向阁下的求助,但卡比利亚人民已做好准备把自己的未来交给选票来决定,申请适用国际法上的“每个民族都享有自决权”。
因此,我们吁请您关注民族的自由事业,吁请您以公正、负责的态度表达您的立场以及联合国的立场,吁请您支持卡比利亚的自决权利得以有效实现,毕竟自决权属于全世界所有民族。
我们还吁请国际社会的支持,还卡比利亚人民公道,结束自1857年6月24日Icerriden一战中输给法国殖民军队以来的不承认状态。(Icheridène)
Anavad向联合国、非盟、欧盟、阿拉伯联盟、东盟、独联体、美国、法国以及美洲国家组织采取的措施并不是历史的偶然,也不是轻率的举动。它是一个民族历史进程的逻辑结果,这个民族从未屈就主权永久丢失。昨天,她面对法国军队(1857年、1871年以及1954年至1962年)英勇奋战;今天,她坚强面对阿尔及利亚政府的独裁统治,后者自1962年以来实施的阿拉伯化和去人格化政策正在侵害卡比利亚的语言和身份。
阿尔及利亚把卡比利亚视为严重威胁国家统一的心腹大患,一直将我们视敌人对待,不惜使用战争、压迫、动荡、经济破坏以及不承认等对抗性措施。
基于这种敌视甚至挑衅态度,阿尔及利亚使得卡比利亚地区发展滞后了50年以上。这是一种不可饶恕的罪行。
然而,阿尔及利亚政府沿袭并克隆法国的殖民主义政策,结果只能是事与愿违:我们选择抵抗而不是服从,选择坚守自己的身份而不是他人的同化。面对阿尔及利亚政府使用千方百计展开的“萨拉菲化”图谋,卡比利亚的世俗主义却进一步深化:在自由世界竭其全力打击伊斯兰主义之时,阿尔及利亚官方却在卡比利亚的领土上,通过学校、法院、行政机关、媒体,通过资助攻击性伊斯兰组织,甚至通过任命“讨白”伊斯兰恐怖分子以伊玛目身份潜入卡比利亚村庄等手段,极力宣扬伊斯兰主义。
本备忘录是这个民族日常斗争的成果,这个民族为了对抗法国殖民主义,付出了上个世纪最为壮烈的无数牺牲的代价;自1962年以来,又面临阿尔及利亚殖民主义充满恶意的破坏性袭击。
这项请愿的目的之一是建立关于身份、语言、文化、经济、环境、行政和安全领域的剥削、压迫和歧视政策的国际案例,这些政策正是阿尔及利亚正在卡比利亚实施的。
卡比利亚的独立意愿并非偶然的觉醒或是给人民编造一个自由梦;而是这个民族的个性和文化一直要求和守护的事实。
卡比利亚的历史与其所倚靠的泰勒阿特拉斯山脉历史一样长。无论不承认、剥削、压迫、侵犯人权,还是经济破坏、动荡,阿尔及利亚殖民主义势力的目的都不会得逞。
不管任何代价,不论历史环境,也不论她的否认者或者侵略者的军事实力,卡比利亚绝不会放弃自己的身份和自由。
卡比利亚深信自己享有自由独立地生活、在世界民族之林中占有一席之地以及为世界和平与繁荣贡献自我的正当权利。
然而,需要强调的是,当前的这一举措,与卡比利亚人民坚守的价值一致,必须以和平为前提;卡比利亚位于地中海盆地周围几大文明的交汇点,是橄榄树之乡,而橄榄树正是和平与繁荣的象征。
所有追求自由的受压迫人民可能有正当理由诉诸暴力。卡比利亚深知这一点,却依然坚定不移地坚持和平。我们拒绝武器,更不接受流血来夺取自己的生存权。我们希望获得您的支持,为所有被压迫的人民,开创一个新的时代,那些植根在历史的逻辑中不可避免的地缘政治动荡将通过和平谈判、国际法院和仲裁等方式,而不是让大陆变成废墟的暴力来实现。
但是,选择和平,并不是出于软弱或缺乏上战场的勇气,而是基于文明的价值。卡比利亚人是勇敢的战士;面对16世纪土耳其人和1830至1962年法国人的多次入侵,卡比利亚人毫无畏惧地展现了自己的胆识,让他们的征服野心未能得逞。
卡比利亚拒绝但绝不畏惧躯体暴力,选择用道德的力量,用权利和思想的争锋去对抗暴力。即使是处于正当防卫状态,在黑色春天(2001至2003年)期间,几名卡比利亚青年手无寸铁,用自己的胸膛抵挡住了阿尔及利亚宪兵的炮弹,袭击造成130人死亡和成千上万人受伤,其中更有1200人终身残疾,但卡比利亚选择直面凶手的双眼,用一句震撼世人的话摧毁他们的野蛮:“你不能杀我们,我们已经死了!
我们不畏惧死亡,也不畏惧任何敌人。我们只是希望和平独立、价值获得尊重、睦邻友好、国际合作、与世界所有民族亲如手足。
只有当请求和正当的独立梦想遭到反对之时,绝望的民族才会拿起武器诉诸暴力。一个民族,若其求救的呼喊得不到国际社会的重视,迟早会采取不得已的自救措施。
希望卡比利亚能获得您的支持,才不至于走上绝望之路,陷入不利于地区和平的境地。
主席阁下,
正式承认卡比利亚人民的自决权,能为非洲和亚洲现有或潜在的武装冲突开辟一条解决之道。
有些人认为,所有人民都珍视的和平一直是一种理想,其实现的道路困难重重,途中总会出现各种各样的障碍。
为了全人类的福祉,需要开启一个更加有序、国际社会更能掌控的新的地缘政治进程。
为了全人类的和平、自由和繁荣事业,基于下列普遍性法律文件,卡比利亚人民特向您呈递这份自决请求:
1) – 联合国宪章第1条第2款,“发展国际间以尊重人民平等权利及自决原则为根据之友好关系,并采取其他适当办法,以增强普遍和平”
2) – 《经济、社会及文化权利国际公约》和《公民权利和政治权利国际公约》第1、2、3条,一致规定:
一、所有人民都有自决权。他们凭这种权利自由决定他们的政治地位,并自由谋求他们的经济、社会和文化的发展。
二、所有人民得为他们自己的目的自由处置他们的天然财富和资源,而不损害根据基于互利原则的国际经济合作和国际法而产生的任何义务。在任何情况下不得剥夺一个人民自己的生存手段。
三、本公约缔约各国,包括那些负责管理非自治领土和托管领土的国家,应在符合联合国宪章规定的条件下,促进自决权的实现,并尊重这种权利。»
3) – 联合国《土著人民权利宣言》第3条规定:“土著人民享有自决权。他们凭这种权利自由决定他们的政治地位,并自由谋求他们的经济、社会和文化的发展。”
4) – 阿尔及利亚赤裸裸地违反了《世界人权宣言》的所有条款,而这些条款却未给卡比尔人民生活带来任何领域的福祉,尤其是其生存权和安全权。
习近平主席阁下,
卡比利亚人民深知您对世界和平与自由事业的奉献,对联合国基本法律文件的尊重,希望您能支持她的自决权和她选择的和平道路,并对此深表谢意,带着她最深切的独立渴望,谨致以最热情的问候。
2017年4月5日于流亡中
签名:费尔哈特·梅尼先生
SIWEL 281652 Sep 17 UTC                 Source: siwel.info